INTRODUCTION

Le saïga est un herbivore strict. Sa survie dépend entièrement de la végétation disponible dans les steppes qu’il parcourt, et son régime alimentaire est étroitement lié aux saisons, aux migrations et à son état physiologique, notamment pendant la gestation et l’allaitement.

Que mange le saïga ?

Le saïga se nourrit principalement de graminées, d’herbes sèches et de petites plantes herbacées typiques des steppes. En été, il consomme des plantes en fleurs, des feuilles tendres et diverses espèces végétales disponibles selon sa zone de pâturage. En hiver, il creuse dans la neige légère pour atteindre les herbes sèches ou les racines enfouies sous le sol gelé.

Fait remarquable : le saïga peut consommer des plantes que d’autres herbivores évitent, notamment certaines espèces légèrement toxiques. Son système digestif est adapté à ces régimes variés, ce qui lui confère une certaine flexibilité alimentaire dans des milieux parfois peu généreux.

Des besoins qui varient selon les saisons

Le saïga n’a pas les mêmes besoins alimentaires toute l’année. Ses dépenses énergétiques sont particulièrement élevées lors du rut (pour les mâles), pendant la gestation et l’allaitement (pour les femelles), et durant les migrations.

En hiver, les mâles sont souvent très affaiblis après le rut. Ils ont consacré toute leur énergie à défendre leur harem et à s’accoupler, au détriment de leur alimentation. Les mâles qui survivent à l’hiver doivent reconstituer rapidement leurs réserves au printemps. Cette vulnérabilité hivernale explique pourquoi la mortalité masculine est beaucoup plus élevée que celle des femelles.

L’eau, un besoin vital

Le saïga a besoin de points d’eau réguliers, surtout en été lors des grandes chaleurs. Il peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour atteindre une rivière, un lac ou un point d’eau. La disparition ou la contamination des points d’eau dans les steppes représente donc une menace directe pour sa survie.

En hiver, le saïga peut compenser partiellement ses besoins en eau en consommant de la neige.

Alimentation et reproduction : un lien direct

La qualité de l’alimentation influence directement la reproduction. Des femelles bien nourries ont davantage de chances de mettre bas des jumeaux viables et de les allaiter correctement. Des conditions alimentaires difficiles — sécheresse, végétation rare, hiver trop long — peuvent entraîner des avortements spontanés ou la mort des nouveau-nés.

C’est pourquoi les scientifiques surveillent de près les conditions climatiques et la végétation des zones de mise bas. Une mauvaise année peut faire effondrer le taux de survie des jeunes saïgas de manière dramatique.